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Traitements médicamenteux de l’obésité : ce qu’il faut savoir avant de démarrer

Photo du rédacteur: Bruna Touchard Cabinet diététique
Bruna Touchard Cabinet diététique
24 juil.
5 min de lecture

L’arrivée de nouveaux traitements médicamenteux de l’obésité, comme le Wegovy® (sémaglutide) et le Mounjaro® (tirzépatide), marque un tournant majeur dans la prise en charge de cette maladie chronique. Les essais cliniques et l’expérience en pratique montrent que ces traitements peuvent permettre, chez certaines personnes, d’obtenir des pertes de poids plus importantes que celles observées avec les médicaments disponibles jusqu’alors.

Très médiatisés, ils suscitent néanmoins de nombreuses interrogations. Peut-on vraiment perdre du poids durablement grâce à ces traitements ? Sont-ils adaptés à tout le monde ? Quelle est la place de l’alimentation ? Et pourquoi un accompagnement diététique reste-t-il essentiel ?


L’obésité : une maladie chronique complexe

Pendant longtemps, l’obésité a été considérée comme la conséquence d’un manque de volonté ou de mauvaises habitudes alimentaires.

Aujourd’hui, les données scientifiques montrent qu’il s’agit d’une maladie chronique multifactorielle, impliquant des mécanismes biologiques, génétiques, hormonaux, psychologiques, comportementaux et environnementaux.

Le poids corporel est régulé par un ensemble complexe de systèmes qui cherchent en permanence à maintenir les réserves énergétiques de l’organisme. Lorsqu’une perte de poids survient, le corps met en place différents mécanismes de compensation : augmentation de la faim, diminution de la satiété, ralentissement des dépenses énergétiques et augmentation des pensées alimentaires.

Ces adaptations biologiques expliquent en partie pourquoi les pertes de poids obtenues par des régimes restrictifs sont souvent difficiles à maintenir sur le long terme. Elles rappellent surtout que l’obésité ne peut pas être réduite à une simple question de volonté.


Comment fonctionnent ces traitements ?

Le Wegovy® contient du sémaglutide, un analogue du GLP-1.

Le Mounjaro® contient du tirzépatide, une molécule qui agit à la fois sur les récepteurs du GLP-1 et du GIP.

Ces hormones sont naturellement produites par l’intestin après les repas et participent notamment à la régulation :

  • de la faim ;

  • de la satiété ;

  • de la glycémie ;

  • du comportement alimentaire.

De nombreux patients rapportent une diminution de ce qui est souvent appelé le « bruit alimentaire », c’est-à-dire la présence envahissante de pensées centrées sur la nourriture, des envies de grignotage ou des compulsions alimentaires. Bien que ce terme ne soit pas un concept médical, il décrit une expérience fréquemment rapportée par les personnes traitées.

Ces médicaments ne se contentent donc pas de diminuer l’appétit. Ils agissent sur plusieurs mécanismes impliqués dans la régulation du poids, ce qui explique leur efficacité chez certaines personnes vivant avec une obésité.


Quelle perte de poids peut-on espérer ?

Les études cliniques ont montré des résultats particulièrement encourageants.

En moyenne :

  • le sémaglutide permet une perte de poids d’environ 15 % du poids initial ;

  • le tirzépatide peut permettre d’atteindre 20 % du poids initial, voire davantage chez certains patients.

Il est toutefois important de rappeler qu’il s’agit de moyennes. La réponse au traitement reste très variable d’une personne à l’autre.

Les résultats dépendent notamment de la durée du traitement, de son observance, des habitudes de vie, des caractéristiques individuelles et des éventuelles maladies associées.

Par ailleurs, l’objectif ne se limite pas à la perte de poids. Une diminution, même modérée, peut déjà améliorer de nombreux paramètres de santé, comme l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, l’apnée du sommeil, les douleurs articulaires ou encore la qualité de vie.


Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ?

Les effets indésirables observés sont principalement digestifs :

  • nausées ;

  • vomissements ;

  • reflux ;

  • constipation ;

  • diarrhée ;

  • sensation de satiété excessive.

Ils sont généralement plus marqués lors de l’instauration du traitement ou des augmentations de dose, puis tendent à diminuer progressivement chez une grande partie des patients.

Une augmentation progressive des doses, une alimentation adaptée, un rythme alimentaire régulier et certaines stratégies nutritionnelles permettent souvent d’améliorer la tolérance au traitement.


Un point souvent méconnu : préserver la masse musculaire

Lorsque la perte de poids est rapide, elle ne concerne pas uniquement la masse grasse.

Une partie de la perte peut également toucher la masse musculaire, en particulier lorsque les apports alimentaires deviennent insuffisants.

Or la masse musculaire joue un rôle essentiel dans :

  • la mobilité ;

  • la force physique ;

  • l’autonomie ;

  • les dépenses énergétiques ;

  • le maintien du poids à long terme.

Une perte importante de masse musculaire peut favoriser la fatigue, diminuer les capacités physiques et rendre plus difficile le maintien des résultats après la perte de poids.

L’un des enjeux majeurs du suivi nutritionnel consiste donc à maintenir des apports protéiques suffisants, à préserver une alimentation équilibrée et à encourager une activité physique adaptée, notamment le renforcement musculaire lorsque cela est possible.


Pourquoi un accompagnement diététique reste-t-il indispensable ?

Contrairement à certaines idées reçues, ces traitements ne remplacent pas un accompagnement nutritionnel.

Ils peuvent au contraire offrir une période particulièrement favorable pour mettre en place des changements durables, grâce à une diminution de la faim et des pensées alimentaires qui facilite parfois les apprentissages.

Le suivi diététique permet notamment :

  • d’adapter l’alimentation à la diminution de l’appétit ;

  • de couvrir les besoins nutritionnels ;

  • de prévenir certaines carences ;

  • de préserver la masse musculaire ;

  • de limiter les effets secondaires digestifs ;

  • de retrouver des repères alimentaires plus sereins ;

  • d’améliorer durablement la relation à l’alimentation.

L’objectif n’est pas seulement de perdre du poids, mais également de préserver sa santé, sa qualité de vie et les bénéfices obtenus sur le long terme.


Que se passe-t-il après l’arrêt du traitement ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes aujourd’hui.

Les études disponibles montrent qu’une proportion importante des patients reprend progressivement une partie, voire une grande partie, du poids perdu après l’arrêt du traitement lorsque celui-ci n’est pas relayé par une stratégie adaptée. Cette reprise n’est toutefois ni systématique ni identique chez tous les patients.

Ce phénomène s’explique principalement par la réactivation des mécanismes biologiques qui favorisent la reprise de poids : augmentation de la faim, diminution de la satiété et retour progressif des adaptations physiologiques impliquées dans la régulation du poids.

Ces observations renforcent l’idée aujourd’hui largement admise que l’obésité est une maladie chronique, nécessitant souvent une prise en charge au long cours, au même titre que d’autres maladies chroniques.

Cela ne signifie pas que toute personne devra poursuivre son traitement toute sa vie. Les situations sont individuelles et doivent être discutées avec le médecin prescripteur, en tenant compte du rapport bénéfice-risque, des objectifs thérapeutiques et des préférences du patient.

Les recherches se poursuivent afin de mieux identifier les personnes susceptibles de maintenir durablement leur perte de poids après l’arrêt du traitement et les stratégies permettant de limiter le risque de reprise pondérale.

En revanche, il apparaît déjà clairement que l’arrêt du traitement mérite d’être anticipé et accompagné, notamment sur le plan nutritionnel et comportemental.


En pratique

Les traitements médicamenteux de l’obésité constituent une avancée majeure dans la prise en charge de cette maladie chronique. Chez les patients pour lesquels ils sont indiqués, ils peuvent apporter un bénéfice important et permettre d’obtenir des résultats parfois difficiles à atteindre malgré de nombreux efforts.

Pour autant, ils ne doivent pas être considérés comme une solution miracle ni comme une réponse unique à l’obésité. Leur efficacité est optimale lorsqu’ils s’intègrent dans une prise en charge globale associant suivi médical, activité physique adaptée, soutien psychologique lorsque cela est nécessaire et accompagnement nutritionnel personnalisé.

 
 
 

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